Malrieux à l'Ermitage Compostelle 


L'Ermitage Compostelle

10 rue Bertrand Hauret 
33110 Le bouscat 

du 26 septembre au 6 octobre 2013
de 14h à 19h 


Découverte ce jeudi des oeuvres de Malrieux, suite à la lecture par une de mes clientes d'un article sur Sud-Ouest, nous allons sans attendre visiter cette expo. Dés l'entrée, nous sommes attirées par ces couleurs lumineuses dans la belle rotonde, qui permet là, une exposition en pleine lumière, des toiles… 

Très agréablement reçues par Mme Malrieux, qui nous remet la liste des noms des toiles numérotées, et nous apprend que son mari se sentait une grande envie de peindre et avait commencé une toile encore très colorée et d'un style différent. 

 En cliquant sur la première photo, vous lancez le diaporama, merci! 


Âgé de 93 ans, il habite au Cap Ferret, et, dit-il à S.O: "Je suis arrivé à un moment où mon âge, ma réflexion, ma philosophie font que je devrais peindre comme si je venais de naître, comme si j'allais me mettre à peindre pour la première fois, sans influence aucune de mes manières précédentes. Il faudrait que tout disparaisse en moi, soit gommé de ma mémoire, de telle façon que je n'ai devant moi qu'un atelier vide avec des murs nus !" 


A l'instar d'autres peintres, Pierre Malrieux a su d'emblée puiser dans son propre terroir, au gré de sa profonde sensibilité, la quintessence de la perception chromatique du monde qui nous entoure.
Sans être prisonnier de la reproduction servile et académique du sujet, il révèle la magie d'une nature chatoyante.
Cette avalanche de couleurs a été glanée au cours des ans, bien au-delà de nos frontières lors de nombreux séjours en Europe du Sud, sous les tropiques, au Mexique, aux Etats Unis ou encore en Afrique du Nord.
Autant de destinations lointaines où demeurent les traces picturales de son art.
Il expose à l'Opéra Gallery Paris, à New-York, Hong-Kong, Londres…


Reste à situer son ouvre dans notre époque. 

Sans conteste, elle s'inscrit dans ce que, depuis la révolution impressionniste de la fin du XIXème siècle, il est convenu d'appeler la peinture "moderne" par opposition à la peinture "académique". Et tant que nous y sommes, disons "contemporaine" puisque nous vivons les mêmes heures que son auteur qui s'est d'ailleurs lui-même désigné "figuratif contemporain", et bien que la terminologie des critiques d'art et du Centre Pompidou réserve généralement ce qualificatif de "contemporain" à des créations (trop ?) résolument avant-gardistes postérieures à 1960.
Va donc pour "figuratif" mais pas au sens de la copie pure et simple, de la reproduction du sujet. Car le peintre digne de ce nom est un démiurge qui ne se contente pas de photographier le monde. Il n'en crée pas non plus un autre à coté; il en fait un autre dans celui-ci: il le refait. Le sujet n'est donc pas reproduit mais produit. 
Telle est bien la caractéristique du domaine pictural dont Malrieux a incontestablement la maîtrise et qui répond aussi pleinement à cette citation de Paul Klee, l'un des grands maîtres de l'art moderne qui fût professeur au Bauhaus: "l'art ne reproduit pas le visible; il rend visible". Et l'actuel développement de la tendance non figurative (pour ne pas dire abstraite) du peintre amorcée depuis quelques années confirme à quel point l'analyse du sujet lui permet de le dépouiller du superflu pour n'en retirer que l'essentiel, la "substantifique moelle", comme disait Rabelais, l'essence non visi-ble et l'éther subtil qui l'imprègne, puis de les restituer. 
Il est significatif de noter que Malrieux, sur la période des dix dernières années, a intitulé trois de ses expositions "facettes". Il a tenu sans doute à exprimer ainsi la diversité des thèmes traités et la variété de leur facture; mais n'est-ce pas aussi, plus ou moins inconsciemment, pour signifier la synthèse du sublime, la reconstruction facette par facette qu'il opère au terme de cette sorte d'alchimie de sa perception affective du sujet?
Alors, le qualifierait-on de post-impressionniste? Mais au diable les étiquettes et les affiliations. Bien que très attentif au monde des arts qui l'entoure, bien que passionné de Gauguin, Picasso, De Staël et de la technique du Greco, il a toujours su se protéger d'influences artistiques fussent-elles admirables et magistrales. "Peintre de passion", "Peintre d'atmosphère" comme le qualifia tel talentueux journaliste, Malrieux reste avant tout lui-même, inclassable, d'une luxuriante diversité (les "facettes") au travers des nombreux rameaux de son arbre de créativité, mais toujours reconnaissable par son style original et tellement poétique. Dans son "Musée imaginaire" dont cet opuscule pourrait, en toute humilité, être la modeste réplique pour Malrieux, André Malraux écrit: "Les grands artistes ne sont pas les transcripteurs du monde, ils en sont les rivaux". 

On ne regarde pas un tableau de Malrieux: on le parcourt, on y pénètre et, comme lui-même, on le vit.

Retrouver l'article dans son intégralité sur le site Malrieux 

Tableau de 2013

Le parc de l'Ermitage offre aussi un lieu privilégié, pour la promenade, propice à la méditation, après nous être emplies de la jubilation des couleurs éclatantes des tableaux de Malrieux.  


Photos de : Florence Mayer 


GE Florence Mayer
Assistante en Gestion du Quotidien
Art-thérapeute

Création du site: 26/12/09.