Médicaments inutiles?

Alzheimer: 260 millions d’euros par an pour des médicaments inutiles
Deux syndicats de médecins généralistes dénoncent le remboursement par la Sécurité sociale de traitements inefficaces, voire dangereux, contre la maladie d’Alzheimer

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Après le scandale du Mediator, bientôt celui de l’Aricept, de l’Ebixa ou du Reminyl
C’est en tout cas ce que redoutent les deux principaux syndicats de médecins généralistes. MG France et l’Union généraliste assurent que ces traitements contre la maladie d’Alzheimer «ne servent à rien».

Pire, ils pourraient même, dans certains cas, être dangereux pour les patients. «La revue Prescrire le dénonce depuis des années, mais nous profitons de l’effet Médiator pour alerter l’opinion publique. Dans le contexte actuel, nous pouvons être entendus et, peut-être, faire bouger les choses», espère le Dr Claude Bronneur, coprésident de l’Union généraliste.

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«Tous les essais cliniques ont démontré que les médicaments anti-Alzheimer n’amélioraient pas de façon significative l’état de santé des patients», résume de son côté le Dr Claude Leicher, président de MG France. Une étude menée en 2005 sur l’un des produits a même montré que le traitement en question «avait des effets secondaires dangereux au-delà de six mois, entraînant une surmortalité des patients», à la suite d’accidents cardio-vasculaires.

Mieux accompagner les malades
Les syndicats de généralistes avancent plusieurs arguments pour expliquer la prescription de ces traitements, malgré ces résultats inquiétants: «Ce n’est pas évident de regarder un patient dans les yeux et de lui dire qu’il n’y a rien à faire», estime Claude Bronner. Il évoque également «les conflits d’intérêt entre les spécialistes qui prescrivent ces produits et les laboratoires pharmaceutiques. Les médicaments anti-Alzheimer sont relativement chers, alors les laboratoires se donnent les moyens d’encourager les médecins à les prescrire.» En somme, selon lui, le système actuel arrangerait tout le monde: les patients, les médecins et les laboratoires.

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Reste une question de taille: le coût de ces traitements inutiles et potentiellement dangereux. En 2009, le remboursement des médicaments anti-Alzheimer a coûté plus de 262 millions d’euros, selon l’assurance maladie. L’Union généraliste évoque même la somme de 400 millions d’euros par an. Et ce chiffre devrait être encore plus élevé en 2010 puis en 2011, puisque 225.000 nouveaux cas sont diagnostiqués chaque année.

«Cet argent devrait être utilisé ailleurs. Nous avons par exemple beaucoup de progrès à faire sur la prise en charge et l’accompagnement des malades et des familles», conclut Claude Leicher.

Par Marie Conquy.

C’est sur France Soir! Alzheimer: 260 millions d’euros par an pour des médicaments inutiles.

GE Florence Mayer
Assistante en Gestion du Quotidien
Art-thérapeute

Création du site: 26/12/09.