Devenir aidant, une décision…qui engage


aide sociale

Devenir aidant d’un proche n’est pas neutre et sans conséquences. Pour que cette nouvelle relation avec votre proche soit aussi harmonieuse que solide sur le long terme, une préparation s’impose, des questions se posent.
Cette décision n’engage pas que vous : la personne qui va être aidée, bien sûr, mais aussi votre conjoint(e), vos enfants, les professionnels qui entourent déjà peut-être votre proche…
C’est donc ensemble et avec la participation de chacun que vous devez envisager cette nouvelle organisation.

Qu’est ce qu’un aidant familial ?

L’aidant familial est la personne qui vient en aide, à titre non professionnel, en partie ou totalement, à une personne âgée dépendante ou une personne en situation de  handicap de son entourage, qui a besoin d’être aidée pour l’accomplissement des actes essentiels de la vie ou qui a besoin d’une surveillance régulière. Son activité d’aidant s’exerce le plus souvent au domiciledu proche aidé ou à son propre domicile. Il peut ainsi être amené à aider un enfant, un adulte, une personne âgée, que le handicap soit évolutif ou non.

Il joue ainsi un rôle majeur dans le soutien et l’accompagnement de la personne dépendante.

Pour vous accompagner dans votre choix, voici quelques pistes :

Que fait un aidant familial ?

L’aidant familial peut assurer des fonctions multiples auprès de son proche, qu’il s’agisse des activités liées aux soins d’hygiène, à l’alimentation, aux déplacements, aux activités ménagères, à l’organisation des soins, à la gestion administrative, à la scolarité, …
L’aide apportée sera de différents types selon la problématique de la personne aidée, son niveau de dépendance, ses habitudes,…

Il faut toutefois garder en tête que l’aidant reste avant tout la fille/le fils de, la mère/le père de, ou le conjoint/e de, et que certaines tâches ne sont pas naturelles. Outre l’épuisement, il faut aussi tenir compte de l’intimité de chacun. Dans ce cas, il est peut-être plus facile de se faire aider par un aidant professionnel.

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Il s’agira :

  • d’une aide de surveillance, par exemple, lors d’une activité telle qu’un déplacement,(Compagnie active )
  • de « faire faire » : aide de stimulation pour inviter la personne à faire, pour maintenir son  niveau de participation active sans faire à sa place,(Accompagnement thérapeutique )
  • de « faire avec » : accompagner pour sécuriser ou permettre une action : tenir le bras lors de la marche, par exemple,(Accompagnement)
  • de « faire à la place de », c’est-à-dire apporter une aide de suppléance : la personne ne peut faire elle-même et l’aidant vient alors assurer une suppléance pour tel ou tel acte (l’habillage, par exemple).(Recrutement: aides à domicile )

Le principe, c’est d’apporter à la personne confort et sécurité en favorisant toujours, autant que possible, sa propre participation à l’ensemble des activités du quotidien.


Pourquoi devenir aidant familial ?

L’une des questions à se poser en premier lieu est celle de votre motivation, autour de cette décision.

Le sentiment de culpabilité vient parfois nous animer, sur la question de la maladie ou la dépendance d’un proche. Nous attirons votre attention sur le fait que ce sentiment, souvent délétère, ne doit pas constituer à lui seul un élément de votre motivation : parlez-en à votre médecin, à vos proches, à la personne qui a besoin d’aide.

Assurez-vous que votre proche bénéficie bien de toutes les aides possibles, que tous ses droits sont ouverts. En effet, vous pouvez être aidant mais cela n’exclut pas de demander l’aide d’un aidant professionnel. Renseignez-vous sur les aides humaines.

Est-ce parce que vous avez le sentiment que les aidants en place, s’ils existent, ne s’occupent pas comme il le faudrait de votre proche ? Parlez-en avec les équipes concernées, faites posément état de votre ressenti, de vos questionnements ou peurs. Trouvez ensemble les solutions éventuelles.

Vous l’avez compris, réfléchir à sa véritable motivation est essentiel pour être certain(e) d’avoir pris la bonne décision. Soyez sûr(e) que vous ne prenez pas cette décision pour de « mauvaises raisons ».

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Comment prendre la décision de devenir aidant ?

Envisager de devenir aidant d’un proche implique de fait la personne concernée mais pas seulement. Cette décision va avoir une incidence sur la structure familiale dans son entier et sur sa dynamique.

Si vous diminuez, suspendez ou abandonnez votre activité professionnelle, se pose bien entendu la question de votre budget et celui de votre famille éventuelle.

Si vous apportez une aide, même partielle, à votre proche, la question de la redistribution des tâches et activités du quotidien se pose également.

En clair, l’équilibre en place va être modifié et chaque membre de la famille va être « impacté » par cette nouvelle organisation.

C’est pourquoi nous ne pouvons que vous inviter à organiser un « conseil de famille » qui va permettre à chacun de s’exprimer, donner son avis, suggérer,… et donc envisager à son tour quel pourrait être son rôle dans cette nouvelle organisation et dans sa mise en place. Les questions très pratiques doivent être posées et des réponses doivent être trouvées : qui va faire quoi désormais ? Dérouler ensemble une « journée type » et décliner la place et le rôle de chacun autour de cette journée peut alors se révéler utile.

Permettez, autant que possible, si ce n’est la participation, au moins la présence de la personne aidée lors de ces échanges, même si son niveau de compréhension est diminué. Expliquez lui les choses, recueillez autant que possible son avis.

Pensez aussi ensemble à la façon dont vous allez envisager les vacances, les weekend,… Ne dites pas « on verra bien ». Construisez ensemble une organisation solide pour que le nouvel équilibre soit solide et pérenne.

Cette réflexion familiale, les décisions prises doivent être partagées avec les professionnels qui sont éventuellement déjà présents auprès de votre proche : médecin traitant, infirmière, association d’aide à domicile, service social,…


Là encore : posez les questions, échangez, partagez vos préoccupations et tentez de trouver ensemble les solutions, que vous n’oublierez pas de partager avec la personne directement concernée.


Envisagez tout ce qui va pouvoir vous aider dans votre rôle d’aidant.

Le matériel, les équipements, l’aménagement du domicile, … sont autant d’éléments qui peuvent permettre à la personne aidée de participer le plus possible à l’ensemble des  activités et vous permettre d’assurer votre rôle de façon confortable, en toute sécurité.

Apprendre les bons gestes, les bonnes façons de faire est également indispensable : apprendre à réaliser un transfert, un positionnement au lit sans vous blesser, en protégeant votre dos,…

Certains actes liés à la nutrition, au matériel de respiration,…nécessitent une véritable formation : n’en faites pas l’économie.

Bien se préparer, prendre le temps d’apprendre les gestes, les techniques,… c’est mettre toutes les chances de son côté pour que cette relation d’aide soit la plus harmonieuse possible, dans le respect de la personne aidée.


Réfléchissez dès maintenant à la façon dont vous allez pouvoir vous ressourcer, vous reposer et tout simplement vaquer à vos propres occupations.
Vous le savez : pour bien s’occuper des autres, il faut avant tout s’occuper de soi.


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Aménagez dès le début des temps pour pratiquer votre activité préférée, vous rendre chez le coiffeur, faire une sieste, lire, vous soigner…

Réfléchissez aussi aux solutions de répit éventuel : lorsque vous allez partir en vacances, si vous êtes malade, quelles solutions s’offrent à la personne aidée et à vous-même ? les aidants professionnels ? les structures d’accueil temporaires ? Là encore les choses se préparent et s’envisagent et les professionnels en place sauront vous aider à anticiper et prévoir.

Et enfin, envisagez comment, s’il le faut, vous diminuerez ou mettrez un terme à cette relation d’aide, que ce soit pour reprendre une activité professionnelle, pour reprendre du temps pour vous, pour envisager une nouvelle activité, …ne vous fermez pas les portes et ne devenez pas prisonnier d’une décision qui peut changer ou évoluer dans le temps.

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Où puis-je m’adresser pour être aidé(e), pour me préparer à devenir aidant, pour me former aux bons gestes,…?

Les professionnels peuvent vous aider dans cette organisation : ceux qui entourent déjà votre proche (médecin traitant, infirmière, auxiliaire de vie, assistante sociale…) peuvent vous aider dans la prise de décision. Ils sont également là pour vous apprendre gestes et techniques, vous conseiller sur le matériel et les équipements, sur vos droits,…

Les Points Info Famille (lieu d’information et d’orientation destiné aux familles), les CLIC ( Centre Local d’Information et de Coordination gérontologique si votre proche est âgé), les associations de familles, les groupes de parole,… mais aussi le CCAS (Centre Communal d’Action Social) de votre commune,…sont des lieux et des personnes « ressources ».

Les assistantes sociales, les psychologues,… sont à l’écoute et peuvent aider à trouver des solutions aux problèmes du quotidien (financement d’aide à domicile, d’aide techniques…) et mettre en relation avec des professionnels de  santé et de l’accompagnement à domicile.

Vous l’avez compris, la relation d’aide auprès d’un proche se prépare : avec la personne aidée, avec l’ensemble de la cellule familiale, avec les professionnels et les structures dédiées.

Plus vous aurez réfléchi, discuté, préparé la future organisation, plus sera solide, confortable et pérenne la nouvelle organisation.

Retrouvez cet article et bien d'autres sur l'excellent site: «Avec les aidants»



GE Florence Mayer
Assistante en Gestion du Quotidien
Art-thérapeute

Création du site: 26/12/09.